Pas invité à l'inauguration, Malvy réduit sa subvention - N°39 - Juin 2006
Si tu ne m’invites pas à ton inauguration, tu n’auras pas ma subvention. Voilà, en gros, le nouveau règlement pondu par Martin Malvy, président socialiste du conseil régional de Midi-Pyrénées, qui sait compter puisqu’il fut ministre du Budget sous Fabius, aime-t-il rappeler.
Philippe Bonnecarrère, maire divers-droite d’Albi (Tarn), vient d’en faire les frais. 
Enfin rénovée après de longs mois de travaux, la place Sainte-Cécile entourant la cathédrale albigeoise, a été discrètement ouverte au public le week-end de Pâques, avec le maire pour seul guide touristique. Pas vraiment copain avec la gauche régionale, il n’a pas daigné organiser une inauguration officielle pour ne pas avoir à inviter Martin Malvy ou tout autre élu de gauche, qui en aurait profité pour faire un beau discours dans son fief. Martin en a pris ombrage. à tel point qu’il a réduit illico de 30 % la subvention du conseil régional pour la réfection de la place, ramenée de 1,028 million à 719 600 euros.

Un ruban à 300 000 euros

Il faut dire qu’il était déjà passablement énervé par deux précédents : il n’avait pas été invité à l’ouverture de la grande médiathèque José-Cabanis à Toulouse, ni à la rénovation du musée Toulouse-Lautrec, à Albi encore, alors que la Région avait octroyé des subventions de 4,8 et 2,7 millions d’euros. Là non plus, il n’y avait pas eu de belle cérémonie officielle avec couper de ruban par un aréopage d’élus, photo légendée dans La Dépêche… Martin en a déduit qu’on voulait l’éviter.

C’est peut-être vrai car ses longs discours font refroidir les petits fours. Mais pour éviter que ce genre d’oubli se reproduise, le conseil régional a modifié en 2005 son règlement financier pour les subventions de plus de 50 000 euros : celui-ci stipule, sans rire, que le bénéficiaire « s’engage à associer le conseil régional à toute action de communication (inauguration, première pierre…). (…) Le solde de la subvention ne sera versé qu’après inauguration de la réalisation en présence du président du conseil régional ou de son représentant ». Voilà qui est dit.

La première victime de ce règlement un tantinet stalinien est donc lamairie d’Albi qui a joué à cache-cache avec l’inaugurateur en chef dela région. « J’ai fait voter un règlement financier pour sanctionner cegenre de comportement. Il l’a été à l’unanimité. La subvention seraréduite de 30 % », a pesté Martin Malvy au lendemain des cloches dePâques. Et pour être bien sûr que ce soit entendu, il en a même fait uncommuniqué de presse. Car les inaugurations, faut pas les prendre à la légère.

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N° 39 - Juin 2006

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